Mes remarques personnelles
J’ai lu ce livre
Le soldat oublié de Guy Sajer, ,
dans l’hiver 2010-2011 ; j’ai écrit les lignes suivantes en avril 2011
J’ai trouvé ce livre en cherchant des informations sur les « Malgré Nous », ces Alsaciens-Lorrains qui ont dû servir, contre leur volonté, dans les troupes allemandes, le plus souvent sur le front de l’est. J’ai compris, un jour, très tard, que mon père aurait pu être un de ces « Malgré Nous »… s’il n’avait quitté l’Alsace à temps !
Ici, avec Sajer, il ne s’agit pas d’un « Malgré Nous », mais d’un engagé volontaire. Cependant le cadre dans lequel il évolue est celui du front de l’est, comme ce fut le cas pour ses compatriotes.
Avec une particularité que l’on remarque au demeurant dans le récit : il ne parle jamais des Français non volontaires ; il n’en a pas rencontré, peut-être parce que, en tant qu’engagé, il était dans une division d’élite, la GrossDeutschland, dans laquelle on ne versait pas les « Malgré Nous » dans lesquels les Allemands n’avaient que peu de confiance. Il est inversement vrai qu’on trouvait des « Malgré Nous » dans la Waffen-SS.
Etant le plus souvent sur un front particulièrement désorganisé (il arrive sur le front au début de la retraite allemande), il n’a que peu d’informations sur ce qui se passe ailleurs, sur le déroulement du conflit et sur l’attitude de la France. Il évoque cependant l'arrivée des premiers légionnaires français, dont la presse parle ; et il précise : "j'ignorais que les Français avaient choisi de jouer un tout autre jeu" (P 123) .
Un peu plus tard, en permission à Berlin, il rencontre son père qui a fait le voyage pour le voir et qui lui donne des nouvelles de sa famille, des difficiles conditions de vie, des informations de Londres sur la guerre ; il dit écouter par respect pour son père. Mais fondamentalement, ce que lui rapporte son père ne l’intéresse pas.
C’est qu’il est allemand, plus qu’il ne se sent français.Il parle de « mère patrie pour l'Allemagne et de seconde patrie pour la France ». Quand il reçoit une distinction militaire, il dit de lui "qui ne suis qu'à moitié allemand, ma vanité me semblait flattée d'avoir été... consacré allemand"
Enfin, critiqué comme Français par un de ses compagnons ; "serais-je un jour vraiment digne de porter les armes allemandes ? Je maudissais intérieurement mes parents de m'avoir fait naître à une telle croisée de chemins" ( P 381)
Je relève deux aspects qui m’intéressent dans ce récit : les scènes de guerre, les opinions de Sajer
Les scènes de guerre. Je ne suis guère familier avec ce type de littérature, n’ayant lu que très peu de récits, en dehors des grands classiques incontournables, sur les opérations militaires et les scènes de guerre. Ce qu’il écrit me semble hallucinant, l’horreur à l’état pur, en particulier en Russie et en Ukraine. Les derniers épisodes, dans le Nord de l’Allemagne m’ont fait penser aux romans de Céline sur ses déplacements en Allemagne, sous les bombardements alliés.
Les Déplacements de Sajer :
Le 18/07/42, il arrive à Chemnitz, une caserne où se passe son entraînement.
De là, il part pour ravitailler Stalingrad dans l’hiver 42-43, mais il n’y arrive pas car, entre temps, les Allemands ont connu leur défaite de Stalingrad, la défaite qui marque le tournant de la guerre.
Il participe à des combats autour de Kharkov.
De Kiev, il part en permission pour Berlin
Il passe quelque temps dans un camp d’entraînement avant de repartir pour le front est (été 43) et bat en retraite vers le Dniepr, au sud de Kiev. Il traverse le Dniepr vers l’ouest.
Il part en permission pour la Pologne, mais, à peine arrivé en Pologne, il repart aussitôt sur le front. De là, c’est le repli vers la Pologne. Il passe la fin de l’hiver 43-44 dans un camp en Pologne
Au printemps 44, il repart pour le sud de la Russie, l’Ukraine, d’où il se replie vers la Roumanie à la fin du printemps 44.
En septembre 44, il est dans le sud de la Pologne, puis on le retrouve à Memel (Klapedia aujourd’hui), puis dans un port voisin, puis dans le port de Hela (sur la péninsule qui ferme la baie de Gdansk) fin mars 45. Début avril, il est au Danemark, d’où il est rapatrié vers Kiel. Il est envoyé sur le front face aux Anglais auxquels il se rend.
Les opinions de Sajer. Elles apparaissent dans deux contextes : à la fin du livre, au moment de son retour en France et, dans le courant du récit. Dans les deux cas, ce sont des opinions qu’il professe encore au moment où il écrit, soit dans les années 50 pour un livre publié en 1967. Rien ne permet de dire que les opinions qu’il exprime étaient celles qu’il éprouvait au moment des faits et qu’il a changé d’opinion par la suite. Au contraire : il est toujours un partisan d'Hitler, il critique les autres chefs d'états, exprime son racisme sur les noirs (les « nègres ») et les « jaunes, des primates ; les Européens sont à la merci des autres peuples ».
Je note une différence dans la façon de présenter ses opinions dans les deux contextes : à la fin, surtout rentré en France, son discours s’atténue et il n’exprime plus d’opinions nationale-socialistes, comme s’il avait compris qu’il ne pouvait plus se le permettre. A croire qu’il veut préparer sa réinsertion en se montrant sous un jour moins noir. Quand il rencontre les armées alliées contre lesquelles il doit livrer son dernier combat et auxquelles, en fait, il va se rendre, il écrit :
« L'ouest , c’est l’autre partie de l’étau qui se referme sur notre misère... Plusieurs armées dont l’une est française. Mon émotion est intraduisible. La France, la France qui ne m’a jamais abandonné dans mes pensées, la douce, la trop douce France a abusé de ma naïveté. La France que je croyais à mes côtés, à nos côtés.. La France que j’aimais autant, depuis les Graben de la steppe, que les gens qui parlaient de révolution dans les arrières salles des cafés parisiens.
La France pour qui j’admettais en fait la grande partie de mes efforts. La France que j’avais fait aimer et apprécier à mes camarades de guerre. Qu’a t-il donc pu se passer que l'on ne nous a pas expliqué ?
La France se retourne contre moi, alors que j'attendais son aide. Il va, peut-être, me falloir tirer sur mes autres frères les Français ... »
Mais ce n’est pas lui qui s’est trompée de combat, c’est la France, cette France si mal influencée par ceux qu’il considère comme des révolutionnaires de bistrot.
Dans le récit, le ton est différent. C’est l’admiration d’Hitler et des méthodes nazies avec même le regret que les troupes n’aient pas été autorisées à être plus brutales, puisque, de toute façon, elles sont jugées, au lendemain de la guerre, sur leur brutalité. C’est l’incompréhension face aux partisans russes, qui ne sont que de vulgaires terroristes dont il condamne toutes les initiatives sans se demander si elles ne sont pas la conséquence de la violence nazie.
C’est l’opposition entre les bons Ukrainiens et autres Polonais, qui aiment les Allemands et les Russes d’autant plus haineux qu’ils sont endoctrinés.
Il ne parle jamais des juifs. Le nom n’apparaît jamais dans le récit. Comme il n’a pas fait partie des troupes d’invasion et qu’il n’a, en fait, connu que les opérations de repli, il a évolué dans des régions d’où les juifs avaient été chassés et exterminés avant son arrivée. Rien ne permet d’évaluer son degré de connaissance de cette extermination.
Mais qui est donc Sajer ?
Je n’avais aucune information sur Sajer en dehors de ce qui est écrit dans la « note de l’éditeur » du livre, si bien que j’ai lancé
une recherche sur Internet : J’ai trouvé sa biographie(
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dimitri_(auteur), curieuse. Il est né en 1927, et est présenté comme un « Malgré Nous », ce que dément la façon dont il se présente dans ce livre.
Mais, et d’autres sites Internet le montrent, Sajer cherche à améliorer son image !
Sajer est le nom de sa mère, allemande, si bien que son pseudonyme, le nom qu’il a utilisé en Allemagne, fait beaucoup moins français que le très franchouillard Mouminoux, nom de son père.
Son livre a été très bien accueilli par la critique. Il a reçu le Prix des deux Magots et s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires, surtout à l’étranger. Ce succès peut se comprendre par l’originalité des informations. Ce front de l’est était mal connu, n’avait pas bénéficié des reportages nombreux concernant le front de l’ouest. Mais des raisons moins avouables ont aussi pu contribuer à ce succès.
A la suite de la guerre, il a été auteur de bandes dessinées, sous son vrai nom de Mouminoux , d’abord dans la presse catholique pour enfants et dans Pilote avant d’être lâché par l’éditeur après la publication de son livre. Par la suite, il réapparaît sous le nom de Dimitri dans la BD pour adultes, en particulier dans Charlie, l’Echo des Savanes, l’Evénement du Jeudi et Pilote . Ses sujets de prédilection, comme par hasard : le Goulag et, surtout, la seconde Guerre Mondiale vue du côté de l’axe (Allemagne-Italie-Japon).
J’ai lu deux BD de Dimitri :
Dimitri, le convoi, Glénat, 2001,
Fin 41, avant l'entrée en guerre des e-u, des cargos sont organisés en convoi pour ravitailler l'Urss depuis les e-u en fuel, armes ; les convois sont protégés par des navires américains, puis britanniques
Le convoi est attaqué par des sous-marins et des avions allemands ; des cargos arrivent en Urss, les équipages sont confrontés à la bureaucratie soviétique ; enfin ils rentrent ; une fille dans le scénario pour un semblant d'érotisme ;
www.loubianka.com, Le goulag, n° 15, 2002. Il s’agit d’une série d’une vingtaine de numéros sur l’URSS.
Le héros ( ?) Eugène Krampon part dans l’espace récupérer une station orbitale et surtout la fille qui est dans la station. C’est prétexte à une partie de baise dans l’espace.
Sur le fond, l’idée que les Russes sont des gros nuls qui ne savent pas faire grand chose :
« les Slaves ont la manie de tout dissimuler. Ce qu’il faut, c’est leur rentrer dedans direct ! Ca les désempare ! » p. 24
Bof, les deux BD m’ont paru sans grand intérêt.
Mais je signale que le n° 15 de la série publie une présentation de Cavanna, qui a accueilli, dans Charlie Hebdo, les premiers récits du Goulag à la fin des années 70. On peut se demander si Cavanna connaissait le passé de Dimitri. Je doute que dans le petit milieu de la BD parisienne, cette réalité fut méconnue. Et surtout je lis, dans le texte de Cavanna (fin du paragraphe 2), évoquant la « mère » de Eugène Crampon : « Il est concevable (…) que Dimitri la tienne recluse en une oubliette d’un de ses donjons. Il y a dans les familles les plus honorables des secrets qu’il vaut mieux n’approfondir point ».
Un second site
(http://tpprovence.wordpress.com/2009/07/06/reflechir-agir-n%c2%b0-32-ete-2009/)dans lequel son nom est cité est également intéressant. Il s’agit d’une interview dans la revue
Réfléchir et Agir, une « revue autonome de désintoxication culturelle » qui se présente comme « ouvertement européenne, païenne, identitaire, socialiste (et anti-capitaliste) », et qui publie des entretiens avec des invités célèbres (Jacques Martin/Alix,
Michel Mohrt, Jean Raspail, Brigitte Bardot, Brigitte Lahaie, Francis Lacassin, Jean Tulard, Eric Zemmour, Vladimir Volkoff,
A.D.G., Guy Sajer, Konk, Dieudonné, Dominique Zardi, Jean-Marie Le Pen, Jacques Heers, Jean Parvulesco,...). On y remarque que Guy Sajer y côtoie nombre de personnalités de l’extrême droite ou de la droite extrême !
Je n’ai pas pu lire l’interview de Sajer, n’ayant trouvé la revue en question dans aucun fonds public. Mais, sur un site d’Internet
http://fr.wikiquote.org/wiki/Dimitri, j’ai trouvé cette phrase extraite de l’interview :
« Le métissage. Ce n'est pas une progression mais un recul. Les hommes se sont toujours foutu sur la gueule et ce n'est pas via le métissage que cela s'arrangera, bien au contraire. »
extrait de : « Rencontre avec docteur Sajer et mister Dimitri », Dimitri, propos recueillis par Eugène Krampon et Pierre Gillieth, Réfléchir & Agir (ISSN 1273-6643), nº 32, été 2009, p. 46
Un troisième site livre une autre interview de Sajer :
interview de Dimitri : extrait et lien de Laurent Laloup le mercredi 23 juin 2004 à 16h35
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-BrusselsBdTour : Votre roman, "Le soldat oublié", publié chez Robert Laffont sous le pseudonyme de Guy Sajer vous a valu d'être qualifié d' "auteur maudit" de la BD française. Regrettez-vous de l'avoir publié ?
Dimitri : Pas le moins du monde. Si j'ai choisi de publier mon roman sous un pseudonyme était justement pour ne pas tout mélanger. Mais quelques pseudo-journalistes de l'époque se sont empressé de faire le lien entre les deux. Maintenant tout le monde sait que c'est moi, mais à l'époque, j'étais furieux. Je me suis fait virer de "Pilote" à cause de çà et cela me poursuivra jusqu'à ma mort et je ne comprends toujours pas pourquoi. C'est une histoire, la mienne, celle d'un homme forcé de faire des choses qu'il n'avait pas envie de faire. Quand l'Alsace, où je vivais, a été annexée par l'Allemagne, j'avais 16 ans. D'un camp de jeunesse à Strasbourg, je passe à un camp de jeunesse à Kehl, en Allemagne. L'Arbeitsdienst, un groupe militarisé mais non armé n'était pas très glorieux. On rêvait d'être de vrais soldats, en ignorant tout de la guerre. Par un enchaînement naturel, je me retrouve dans la Wehrmacht, l'armée allemande. Qu'auriez-vous voulu que je fasse ? Comme déserteur, on m'aurait fusillé. A part la guerre qui a été une véritable atrocité, j'ai de bons souvenir de cette époque-là. Pendant la guerre, je ne savais pas ce qui se passait. On traînait dans la boue, on ne dormait pas et on avait peur, c'était la terreur. J'ai appris énormément de choses après la guerre, auparavant je n'ai pas eu de problème moral ou éthique puisque je n'avais aucune idée de ce qui se passait. Mais je ne regrette rien, je suis content d'avoir connu çà, même si c'était très dur. J'ai vu les russes se conduire comme des monstres, je suis allé sur le front de l'Est et j'ai vécu les plus grandes peurs de ma vie. Pourtant je suis retourné plusieurs fois en Russie depuis, je ne suis amer envers personne. Mais il est clair que dès la publication du " Soldat Oublié ", j'ai été catalogué " facho ". Si les gens veulent le croire c'est leur problème, il y a bien longtemps que je ne me préoccupe plus de tout çà. " Le Soldat Oublié " a été réédité des dizaine de fois, et a rapporté une fortune à Robert Laffont. Il m'a permis de vivre pendant des années. C'est toujours aujourd'hui un best-seller traduit bon nombre de langues. Je suis en pourparlers avec Paul Verhoeven depuis quelque temps pour la réalisation du long métrage.
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« C'est une histoire, la mienne, celle d'un homme forcé de faire des choses qu'il n'avait pas envie de faire » : ce n’est pas du tout ce que ressent le lecteur du livre.Il est vrai, comme il l’écrit plus loin que, pendant la guerre, il « ne savai(t) pas ce qui se passait ». Mais son livre, écrit après la fin de la guerre, montre clairement qu’il adhérait totalement à l’idéologie nazie et s’il est vrai que les « Russes se condui(saient) comme des monstres », ils ne faisaient que répondre aux crimes nazies que Sajer a oubliés.
Le ReichsArbeitsdienst (RAD) : il y adhère, alors qu’il est encore en Alsace (voir la « note de l’éditeur » dans son livre « Le soldat oublié »), ce que le texte de l’interview ne dit pas clairement. Le RAD. est créé le 8/05/1941 et concerne, dans une première étape les classes de 1919 à 1922 sur une base de volontariat. Les volontaires font défaut et « d’après les autorités allemandes elles mêmes (…), l’opération est un échec total. » Par la suite, le RAD devint obligatoire, mais, durant toute la guerre, seules les classes 20 à 27 et, partiellement 28, furent concernées. Or, Sajer est de la classe 27 et il est, en 42 au plus tard dans le RAD. Curieux.
Toujours dans la « note de l’éditeur », il est dit qu’il « envie les HitlerJugend » et qu’il « n’aspire qu’à servir dans la Wehrmacht », des proclamations qui montrent qu’il n’a pas subi l’enrôlement dans les armées allemandes. S’il ne l’a pas précédé, il l’a suivi avec enthousiasme.
Toujours dans cette « note », il prétend que tous les autres jeunes Alsaciens partagent ses idées.
Or, la plupart des jeunes Alsaciens ont fait d’autres choix : « on peut estimer que près de 70 000 jeunes Alsaciennes et Alsaciens sont passés par le RAD ». La population de l’Alsace au recensement de 1936 dépassait 1,2 million d’habitants. Informations tirées de Alsace, la grande encyclopédie des années de guerre, pages 117 et 489 à 496.
Je doute que l’éditeur ait tenu des propos sans l’assentiment de Sajer et, de toutes façons, la lecture du livre montre que son état d’esprit pendant la guerre et encore quand il rédige ses mémoires est favorable à l’Allemagne nazie.
Dans tout ce qu’on peut lire sur Internet, la biographie de Sajer est expurgée. On fait, et il fait de lui une victime.
« Mes parents m'imposeront un silence absolu et jamais conversation sur ce qui me soulagerait de raconter ne sera envisagée .... Des gens haineux me poursuivront de leur malédiction.... D'autres comprendront.... »
Aujourd’hui, et au vue de sa biographie, je peux dire que, pour un homme qui méprise autant ce que l’Europe devient sous les influences extérieures, il a parfaitement réussi sa réinsertion sans jamais renier ses idées fondamentales.
Et s’il n’en a jamais parlé avec ses parents, cela semble fréquent en milieu alsacien (cf « Alsace, La grande encyclopédie des années de guerre », 2009, Saisons d’Alsace, en particulier page 24 : « il y avait des choses dont on ne parle pas »). Mon père ne m’a non plus jamais parlé de sa guerre, des conditions dans lesquelles il a quitté l’Alsace. Je ne les ai apprises qu’après sa mort, très indirectement.
Je n’ai appris que très tard, à plus de 30 ans, qu’un de ses frères avait été un « Malgré Nous ». Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir poussé, ce jour-là, mon père à parler.