Sajer, Guy,
 
le soldat oublié,
 
Robert Laffont, 1967, 549 p
 
Notes de lecture
 
P 7 : note de l’éditeur
L'auteur n'est pas alsacien ; il vit cependant en Alsace ; est franco-allemand par ses parents, père français, mère allemande ; son père lui a transmis une image négative du soldat allemand pendant la Première Guerre mondiale, des barbares ; découvre les soldats de la Wehrmacht en 1940, il a 14 ans, replié avec sa famille dans le Massif Central ; émerveillé par la prestance de ce soldat, qui se présente sous son meilleur jour aux populations locales ; revient en Alsace, participe à l'Arbeitsdienst, envie les Hitlerjugend et n'aspire qu'à servir dans la Wehrmacht ; il prétend que tous les autres jeunes partagent ses idées (mais il doit vivre dans un milieu fermé) ; enfin il s'engage en 42 et son premier contact avec la Wehrmacht est enthousiasmant ; il n'a pas 17 ans; il est envoyé sur le front de l'est ;
 
En 1952, au cours d’une maladie, il a commencé à écrire son histoire ; son récit était accompagné de dessins précis comme des planches d’anatomie"
Ces dessins n’ont pas été repris dans cette publication.
 
 
P 9 début du récit :18 07 42 : il arrive à Chemnitz dans une caserne.
à le lire, ses premiers compagnons, Alsaciens-lorrains sont sur les mêmes bases.
 
Fait partie du train; fait du con-voyage ; part pour ravitailler Stalingrad depuis la Pologne dans hiver 42 43 ; apprend la défaite de Stalingrad,
note des opinions divergentes : vieux Allemands sont défaitistes ; les jeunes, surtout Alsaciens, pour vengeance
 
Arrive sur le front pour ravitailler ; pris dans les combats, rapporte des épisodes tragiques
 
P 121 : exprime ses opinions, les opinions qu'il a, dans les années 50, quand il écrit ; est toujours un partisan d'Hitler, critique les autres chefs d'états, exprime racisme sur les noirs (nègres) et les jaunes, des primates ; les Européens sont à la merci des autres peuples.
 
P 123 : évoque l'arrivée des premiers légionnaires français, la presse en parle ; "j'ignorais que les Français avaient choisi de jouer un tout autre jeu"
 
Participe aux batailles autour de Kharkov, mais moins en combattant qu'en soldat d'une armée en déroute
 
P 140 rien à voir avec un défilé du 14/07
 
Au printemps 43, il passe dans l'infanterie motorisée, appartient à la division "Grossdeutschland"
 
P 149 : compassion pour les prisonniers   russes affamés ; se dit même "scandalisé" par la cruauté des méthodes d'exécution des prisonniers ; les soldats allemands qui agissaient ainsi disaient qu'ils ne faisaient que se venger des méthodes des Russes envers Allemands au camp de Tombacs, à 100 km Moscou.
 
Sajer croit les Russes capables de cette cruauté pour les avoir vus à l'œuvre, mais traite d'"imbéciles" les Allemands qui se vengent
 
P157, il parle de mère patrie pour l'Allemagne et de seconde patrie pour la France
 
 
Part en permission pour Berlin, traverse l'Ukraine depuis Kiev vers Pologne dans trains civils ; ici comme ailleurs, parle de gentillesse des Ukrainiens et Russes envers les soldats allemands
 
Après avoir évoqué la brutalité des gendarmes allemands, il est tout ému du colis qu'il reçoit, dont l'emballage est constellé de croix gammées
 
 
Il espérait passer quelques jours dans sa famille en Alsace, mais n’est pas autorisé à poursuivre et doit rester à Berlin ; raison obscure ; peut-être en fait crainte des autorités militaires allemandes qu'il ne profite de son arrivée en Alsace pour s'enfuir en France ; il ne le dit pas.
 
Pendant son séjour à Berlin, il rencontre son père qui a fait le déplacement ; son père supportait mal l'Allemagne ; en était resté à la vieille hargne de 14 et à sa captivité, même s'il n'en a pas souffert ; "le fait qu'on lui ait collé un fils dans l'armée du Reich l'empêchait d’ écouter tranquillement la radio de Londres", p 178
 
Son père lui donne des nouvelles de sa famille, des difficiles conditions de vie, des informations de Londres sur la guerre ; il écoute par respect pour son père
 
La nuit, bombardement américain sur Berlin, puis bombardement de jour sur le terrain d'aviation de Tempelhof : 1100 avions anglo-américains ; seulement 60 allemands ; voit tout de près ; Tempelhof détruit 
 
Les régiments qui portent un nom (comme le sien), au lieu d'un numéro sont considérés comme des troupes d'élite, donc les soldats reçoivent un entraînement particulièrement rude
 
P 203 : les Allemands ont fait une grave erreur pendant cette guerre. c'est de faire mener à leurs soldats une vie pire que celle des prisonniers au lieu de nous laisser le droit de vol et de pillage pour lesquels nous avons en fin de compte étaient jugés"
 
p. 205, à la fin de la période d’entraînement, marquée par la dureté et la brutalité du chef de camp :"tt le monde, en fait, rêvait de devenir un jour un officier de la même trempe"
Quant à lui, "qui ne suis qu'à moitié allemand, ma vanité me semblait flattée d'avoir été... consacré allemand"
 
il éprouve du remords pour leur attitude envers les Russes, les exécutions sommaires
 
P 230: "le casque empêche de réfléchir, c'est bizarre"
Description de scènes de bataille, d'horreur
L'auteur exprime son angoisse qu’il ressent encore quand il écrit
P 235 : que le "ciel (...) me pardonne de n'avoir songé qu'à écrire en égoïste (ses mémoires) au lieu de contribuer à l'œuvre collective... Que le Dieu en question rougisse de honte d'avoir toléré de telles choses... Reclouons le sur la croix et brûlons le pour qu'il ne ressuscite pas"
 
P 266 : "c'est en fait à cela que se borne ma tache : retransmettre avec le plus d'intensité possible les cris de l'abattoir"
 
P 288 : après la prise d'un village, des prisonniers, ils sont embarqués sur les mêmes véhicules que les soldats allemands et, progressivement, une sorte de fraternité apparaît entre eux, qui partagent les mêmes places "nous oublions la prétendue haine qui nous sépare et tout notre être s’éveille à un sentiment presque oublié... devrons-nous demain fusiller ces hommes ? Ce n'est pas possible ! Ce n'est plus possible".
 Ravitaillement pour les soldats allemands, rien pour les prisonniers russes, mais assez vite, ils partagent.
 
P 306 : la retraite vers le Dniepr ; scènes horribles, à pied, suivis par les Russes ; des dizaines de milliers d’hommes ; le Dniepr, au sud de Kiev, 800 m de large, franchi sur des embarcations de fortune, dont un grand nombre se retournèrent avec leur chargement d’hommes.
Bientôt les chars russes arrivent ; les soldats allemands se jettent dans l'eau glacée ; les avions russes tirent sur les chalands pleins de soldats
Il réussit à traverser sur un chaland, se trouve sur la rive Ouest du Dniepr, d'où les offensives doivent repartir.
 
 p 323
 
Il passe devant une sorte de conseil de guerre où on demande à tous ces rescapés de présenter leurs affaires et ils sont critiqués quand ils en ont perdu ; traités comme des lâches qui ont fui devant l'ennemi. Il s'en sort bien, mais souffre d'une dysenterie aiguë.
Au même moment, les Russes arrivent sur le Dniepr et tous les Allemands qui n'ont pas pu traverser sont tués ou prisonniers.
 
Infirmerie, puis permission.
 
Tous les vêtements ont été nettoyés, "je me sentais net et neuf. J'oubliais les tourments de la veille et remerciais intérieurement l'armée allemande et le Führer qui avaient fait de moi un homme sachant apprécier avec lucidité les draps d'un lit propre, un toit qui arrête la pluie..."p 340
 
"la paix qui a suivi m'a apporté bien des douceurs. Mais rien d'aussi constructif. Je n'ai jamais retrouvé les mêmes raisons de vivre... la paix n'apporte rien d'autre que la monotonie"
Dans une gare, il rencontre un vieil employé incorporé dans l'armée qui tient des propos réalistes qui lui paraissent défaitistes. C'est la première fois qu’il est confronté à ce discours tenu par un Allemand ; il ne comprend pas et engueule l'homme
 
P 345, arrivé en Pologne, permission annulée, renvoyé sur le front.
Train de retour attaqué par les partisans ; les Allemands les recherchent et en exterminent un gd nombre ; Sajer embrigadé par les SS dans l'équipe de recherche. "la nuit qui suivit... je ne trouvai le sommeil qu'avec difficulté.. Un horrible cauchemar".
Suite à sa participation et à un papier signé par les SS, on lui promet le grade d'Obergefreigter. "la nouvelle éclaira mon visage... j'en suis très flatté »
Part avec une quinzaine d'hommes rejoindre son unité sur le front, à pied, ne savent guère où ils sont. Abandonnent leurs compagnons qui trouvent leurs unités, restent deux à poursuivre leur recherche, totalement perdus dans steppe enneigée et la nuit
Le front est constitué des postes allemands séparés les uns des autres, entre lesquels circulent des Russes armés
 
 
P 381 : critiqué comme Français par un de ses compagnons ; "serais-je un jour vraiment digne de porter les armes    allemandes ? Je maudissais intérieurement mes parents de m'avoir fait naître à une telle croisée de chemins"
Puis il subit une offensive russe. nombreux camarades tués, scènes horribles, est enterré par un obus, réussit à s'en sortir
Encore une fois, doit battre en retraite vers l'Ouest
 
Poursuivi plus souvent par les partisans que par l'armée
"le partisan, le terroriste, du nom qu'il acquiert de lui-même s'attaque toujours à ce qui lui semble une proie facile, à ce qu’il est sûr de pouvoir vaincre. "les bandes assassinent ou entraînent les jeunes Ukrainiens jadis si respectueux de l'organisation allemande".
Au nom de la liberté marxiste, on oblige l'Ukraine à penser différemment.
 
Hiver particulièrement rude, jusqu'à moins 40. tout gèle ; les troupes s'abritent dans des isbas dont les toits ont été détruits par les partisans
Certains meurent de froid, gelés
 
"la guerre des partisans leur semble plus ignoble, plus illogique que tout ce qu'ils ont déjà vu"
 
P 409, sa division se replie en Pologne dans un camp très bien organisé; passent la fin de l'hiver et repartent au printemps pour le sud de la Russie
 
P 425
Retour en Ukraine combattre les partisans. Ceux-ci s’infiltrent dans les colonnes de réfugiés qui fuient les rouges : des Polonais, des "gitans", des Ukrainiens.. Les partisans tirent alors dans le dos des Allemands pour les forcer à des représailles dans le but de dresser les fuyards et les populations locales contre les soldats allemands "Tous les procédés sont bons ».
 
P 444 : avions russes leur jettent des tracts en allemand pour les inciter à se rendre; des prisonniers allemands prétendent être bien traités par les Russes. Parmi les soldats allemands, un évadé de Tomvos hurle sa colère
P 450 : marchent, n’ont plus rien à manger, rencontrent des troupes allemandes qui battent en retraite ; détruisent des villages pour récupérer la nourriture, nombreux suicides ; s’entretuent.
P 452 : entrent en Roumanie, continuent leur fuite vers l' ouest, à pied le plus souvent. La dernière évocation de la saison : c'est la fin du printemps. Le récit reprend au chapitre suivant, dans le sud de la Pologne, en septembre, p 462
 
Ils ont retrouvé une unité militaire ; ils sont encore persuadés d'arrêter l'ennemi avant la frontière allemande ; ils retrouvent leur unité la Grossdeutschland et voient les nouvelles recrues, des hommes de 60 à 65 ans et des jeunes de 13 à 16 ; reçoivent des nouvelles de l'Allemagne, apprennent les destructions des villes; partent vers le nord ; sont chargés d'empêcher les rouges d’entrer en Allemagne ; continuent à battre en retraite ;
P. 471 : il évoque la mort de plusieurs camarades et au sujet de l'un, il dit : "n'aurait certainement jamais pu accepter la vie actuelle et toutes les concessions que les ex-combattants de l’est sont obligés de faire aujourd’hui."
 
Il a atteint Memel. La ville est transformée en camp retranché. Les civils y sont nombreux. Ils doivent être évacués. Des bateaux viennent sans cesse, tandis que les Russes bombardent et grignotent l’espace autour de la ville. Combats tragiques, un, sinon le pire épisode du récit :"Pour mettre au jour ce que j'ai raconté, il m'a fallu ouvrir une porte condamnée sur un passé dont l'horreur me fait trembler encore. Il ma fallu fouiller dans l’obscurité de cette tombe pour le transposer dans ces lignes... Il le fallait, la tombe de Memel où personne n’est jamais allé se recueillir recevra mon récit comme des fleurs humbles et discrètes »
 
Sauvé, avec quelques compagnons, par une petite embarcation dans laquelle ils réussissent à monter. P. 512
 
 
Arrivent dans un port voisin où se concentrent tous les réfugies. Différence avec Memel : ce port n'est pas encore encerclé par les Russes. Les populations sont progressivement évacuées vers l’ouest par mer, mais il en arrive plus qu’il n'en part.
Puis les Russes arrivent et tout recommence.
A nouveau, ils partent vers l’ouest sur un petit bateau
 
P529 : ils aboutissent à Hela, petit port, mal localisé, mais il est question d'une presqu’île, "cette mince bande de terre de la presqu’île de Hela ». Ils y sont arrivés fin mars 45.
En tout cas, cela semble dernier refuge en territoire allemand, bien protégé par DCA, vers lequel les Allemands ramènent un maximum des populations qui fuient de l'est avant de les faire passer plus à l’ouest, vers le Danemark où ils arrivent début avril après deux jours de mer .
De là, toujours par mer, regagnent Kiel.
Sont réincorporés et apprennent qu'une très grande partie de l'Allemagne est aux mains des Américains et Anglais.
"Depuis l’ouest que nous avons tant de fois imaginé, depuis l’ouest où nous sommes maintenant, la plus déprimante des nouvelles s'abat sur nous.... Nous sommes atterrés... L'ouest , c’est l’autre partie de l’étau qui se referme sur notre misère... Plusieurs armées dont l’une est française. Mon émotion est intraduisible. La France, la France qui ne m’a jamais abandonné dans mes pensées, la douce, la trop douce France a abusé de ma naïveté. La France que je croyais à mes côtés, à nos côtés.. La France que j’aimais autant, depuis les Graben de la steppe, que les gens qui parlaient de révolution dans les arrières salles des cafés parisiens.
La France pour qui j’admettais en fait la grande partie de mes efforts. La France que j’avais fait aimer et apprécier à mes camarades de guerre. Qu’a t-il donc pu se passer que l'on ne nous a pas expliqué ?
La France se retourne contre moi, alors que j'attendais son aide. Il va, peut-être, me falloir tirer sur mes autres frères les Français ...
Les Anglo-américains auront beau crier victoire, il n'y a plus d'opposition à l’imposant matériel de guerre qu'ils ont fabriqué pour rien. Il n'y a pas de victoire contre des morts de tout.... Il est trop tard pour les vraies victoires. Celles qui demeurent sont délicatement homologables."
Sont envoyés combattre les Anglais, mais quand ceux-ci approchent, ils se rendent.
"Ainsi, je déposai les armes et emblèmes de ma deuxième patrie. Ainsi se termina la guerre pour moi et mes compagnons."
"Puis nous connûmes d'autres hommes encore, de grands types à mine rose et joufflue, aux attitudes de gouapes, mais de gouapes tout de même bien élevées. Leur démarche était nonchalante et ne semblait faite que pour leur donner l’occasion de rouler des hanches et des épaules. Ils portaient de moelleux uniformes... Et faisaient aller constamment leurs mandibules comme des ruminants. Ils n’avaient l’air ni tristes ni gais, indifférents même à leur victoire..."
 
"Nous avions l’air finalement plus heureux dans nos colonnes de proscrits qu’eux dans leur état permanent d’hommes enfants pour qui le paradis est une chose sans valeur. Ils avaient l’air riches de tout, sauf, peut-être, de joie et leur spectacle rassurant nous réconciliait avec l'humanité"
 
Dans les camps de prisonniers, les Alliés laissent les Allemands s’organiser comme ils l’entendent. Ce sont les (sous) officiers allemands qui donnent les ordres aux soldats prisonniers et les encadrent.
Passent devant des commissions de contrôle qui réaffectent les prisonniers comme main d'oeuvre pour reconstruire des régions dévastées.
Ses papiers sont lus par un officier français qui constate son identité. Les Français considèrent qu’il a été entraîné de force dans les troupes allemandes. Si son père avait été allemand, il aurait été gardé prisonnier quelque temps. Comme il s'agit de sa mère, il est aussitôt libéré.
On lui propose cependant de s'engager dans l'armée française pour se dédouaner. Il signe sans comprendre ce qu’il fait. On l'engage d'abord à rentrer chez lui retrouver ses parents.
Mais lui ne pense qu'à ses compagnons du temps de guerre avec qui il était encore parmi les prisonniers quelque temps avant.
 
P 544 "je comprends aussi que mon retour va amener des complications pour tout le monde et qu’il a fallu aussi du courage pour ne plus l'espérer. Le voisinage n'apprendra pas tout de suite ma venue"
 
"L’armée française recueillera mes pas par la suite. La douce armée française vainqueur fera une place au vaincu que je suis. Elle sera un transfert inattendu à mon malaise. Elle sera le sas que je souhaitais. J'y serai bien entendu le boche maudit à qui l'on accorde une grande complaisance... La discipline d'autrefois me permettra d’être involontairement le premier sur les rangs et je devrai me surveiller pour ne pas agacer les autres. J'y connaîtrai des gens haineux mais aussi d'aimables qui admettront mon aventure en bloc et m'offriront un verre de bière pour me faire oublier.
Mes parents m'imposeront un silence absolu et jamais conversation sur ce qui me soulagerait de raconter ne sera envisagée .... Des gens haineux me poursuivront de leur malédiction.... D'autres comprendront...."
 
A pris un engagement de trois ans dans armée française, mais n'y reste que dix mois, parce qu’il tombe malade.
 
N'oubliera jamais ses camarades allemands morts au combat ou encore vivants quand il les a quittés.
 
"il y a aussi un autre homme qu’il me faut oublier, il s'appelait Sajer et je crois lui avoir pardonné"
 
FIN, p 547
 
Le livre s'ouvrait, avant la note de l'éditeur, sur quelques phrases de Sajer sur ses origines, son engagement. Je n'en retiens qu’une phrase, la dernière : "J’ai dû mourir aussi un jour et depuis, rien n’a eu tellement d’importance. Alors, je demeure ainsi, sans regret, désolidarisé de toute condition humaine"
 

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